Choix de page

Voile. The Bridge : François Gabart et l’équipage de Macif comme prévu

Voile. The Bridge : François Gabart et l’équipage de Macif comme prévu

8 jours, 31 minutes et 20 secondes : c’est le temps qu’il a fallu à l’équipage de François Gabart pour s’adjuger The Bridge. Un premier temps de référence entre New York et Saint-Nazaire, mais aussi un record de lenteur avec un maxi-trimaran comme Macif.

Les étraves du maxi-trimaran Macif (30 m) ont coupé la ligne d’arrivée de The Bridge, sous le pont Verrazano à New York, à 13 h 31 heure locale (+6 en France) ce lundi. Une parade devant la statue de la Liberté, quelques ronds dans l’eau sous les tours de Manhattan, et il est venu s’amarrer le long d’un quai industriel pourri de Brooklyn.

Il a fallu 8 jours, 31 minutes et 20 secondes aux six hommes du bord pour en finir avec leur traversée de l’Atlantique Nord engagée le 25 juin dernier de Saint-Nazaire. Ils ont parcouru 3 582,13 milles (3 152 sur la route directe), à la vitesse moyenne de 18,91 nœuds, pour en finir. En mai 2015, le skippeur François Gabart avait bouclé sa Transat Anglaise (Plymouth – New York) en seulement huit heures de plus, mais surtout sur une plus longue route : 4 634 milles parcourus à 23 nœuds de moyenne.Entretien avec le vainqueur, qui enfile les victoires comme les perles : c’est sa troisième en autant de courses à bord de son grand multicoque bleu.

François Gabart, parlez-nous de vos sensations à votre arrivée à New York…

C’est toujours fabuleux, j’avais beau l’avoir vécu l’an dernier, c’est un spectacle assez grandiose. Mais l’an dernier, je n’avais pas eu la chance d’arriver sous voiles. À 20 ou 30 milles, d’une cinquantaine de kilomètres avant l’arrivée, tu vois des petites tours qui apparaissent à l’horizon, tu approches et tu te rends compte que tu approches d’une ville simplement fabuleuse. Naviguer au pied de la statue de la Liberté, devant Manhattan, c’est juste génial. On prend une belle gifle tellement c’est beau, tellement c’est impressionnant, tellement quand tu arrives il y a cette excitation d’être accueillis par des bateaux partout. C’est extrêmement impressionnant, et quelque chose d’extraordinaire à vivre en équipe, d’aller jusqu’au pied de Manhattan à la voile… Ça restera dans la tête pendant des années. Je ne vais pas refaire ça tout de suite, donc on en a profité jusqu’au bout.

C’est quoi cette émotion de gagner votre troisième transat en trois courses avec ce bateau ?

C’est une grande surprise ! Quand on lance un tel projet, on ne s’attend pas forcément à tout ça, que ce soit en double, en solo, en équipage, on arrive à faire de belles choses et on en est ravis. C’est une fierté collective tant dans la préparation que dans la réalisation en course. Beaucoup de bonheur, et tout simplement on s’est bien régalés pendant cette course malgré le parcours qui n’est pas forcément évident, malgré des conditions de vent qui font qu’on n’est pas allés très vite, malgré beaucoup de près… Il y a eu des sensations géniales à bord, dès que tu tires un peu la barre tu accélères incroyablement (il a enregistré une pointe à 41,7 nœuds), et une grande fierté parce que mine de rien, ce bateau a gagné toutes ses courses ! (Ouest France Sport)